Béata, quelques mots:
La passion, le désir, le chaos, le désordre ; la déchirure, la coupure,
l'entaille, la violence... La destruction, mais non pas en tant qu'une dévastation
totale amenant à la disparition ou la mort, mais celle qui, des restes, marges,
fragments donne naissance... au nouveau, différent, autre. C'est ma création.
C'est l'envie de “lutter” avec la matière, “d'entrer” dans son intérieur, de la
dominer afin de “domestiquer” cette violence qui devient délicate, sublimée,
comme de vielles serpillières incorporées sur la surface de mon oeuvre. C'est
aussi l'envie de se rapprocher et de “participer” au chaos, désordre,
mouvement du monde, mais en même temps de s'en couper, de faire une
déchirure afin de “mettre” un peu d'ordre dans ce “bazar”, “ranger”, structurer,
composer, maîtriser.
Ansi est née un univers, où l'oeuvre “se” donne le droit au beau et au plaisir,
où, dans l'éloignement, la solitude, l'isolement de la création, on ne s'enferme
pas dans une “bulle”, mais on se rapproche de l'Autre, du réel, où des liaisons
sont créées à partir des ruptures. Une sorte d'alchimie où la vie et la création
sont inséparables, se “nourrissent”, se “pénètrent”, s'interposent en fils à
coudre et fragments de papier...